Cest sur cet univers de faux-semblants que La Bruyère pose un regard aiguisé. Sa plume, d'une précision chirurgicale, dresse des portraits qui, en Arriasest un mauvais convive: - Il rit de ses propres plaisanteries, ce qui ne présente aucun intérêt pour les autres. - C'est un personnage coléreux « feu contre quelqu'un » = devient rouge, référence chromatique. - Il est enfin imprudent. Il dit CE qu'il ne faut pas dire : le nom de l'ambassadeur. II. Littératured’idées du bac français 2022. Les nouvelles œuvres au programme du bac 2022 sont : Gargantua, François Rabelais, parcours : « Rire et savoir ». Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges, parcours «Écrire et combattre pour l’égalité». Les Caractères, livres V à X, La Bruyère, parcours Analyseet étude de l'oeuvre - Les Caractères de La Bruyère - Réussir son BAC Français 1re 2023 - Parcours associé La comédie sociale - Voie générale - Une oeuvre, un parcours - EPUB 2021 Oeuvres intégrales BAC: Author: De la bruyère: Contributor: De la bruyère: Publisher: Nathan, 2021: ISBN: 20913091321165: Length: 144 Livraisondès 1/2 semaines2,95€. LES CARACTERES, LIVRES V A X : TEXTE INTEGRAL. PARCOURS ASSOCIE : LA COMEDIE SOCIALE, La Dissertationla bruyère Les maximes correspondent à une affirmation à valeur universelle, au présent de vérité générale : « Un caractère bien fade est celui de n’en avoir aucun» (V, remarque 1). C’est une écriture qui vise la clarté mais aussi l’abstraction comme le montre l’important vocabulaire philosophique. 2ku4. "Les hommes sont très vains, et ils ne haïssent rien tant que de passer pour tels." Vanité, avarice, inconstance, hypo-crisie voici quelques-uns des travers humains que La Bruyère dénonce dans ce Livre de ses Caractères, oeuvre magistrale à laquelle il a consacré sa vie. Fin observateur, notre auteur brosse un portrait au vitriol de ses contemporains et, ce faisant, parvient à l'impossible saisir la nature insaisissable de l' Une frise chronologique historique et culturelle- Une introduction Pourquoi lire Les Caractères au XXIᵉ siècle ?- Le texte intégral annotéDes sujets pour s'entraîner à l'oral et à l'écrit du bac- Des analyses de textes au fil de l'oeuvre- Une méthodologie de la contraction de texte et de l'essai- Des exercices de grammaire avec corrections- Des exercices d'appropriationUn dossier pour situer et comprendre le texte- Une présentation de l'oeuvre et de La Bruyère dans son époque- Les mots importants des Caractères- Un groupement de textes autour du parcours du bac Peindre les Hommes, examiner la nature humaine. Descripción editorial Des analyses claires, concises et accessibles destinées aux élèves pour leur fournir l'essentiel sur l'œuvre et le parcours associé pour le Bac de français 1reLes Caractères... à la loupeSous forme de fiches en couleurs, ils proposent - Repères sur l'auteur et le contexte historique de l'œuvre- Résumés de textes et des repères dans l'œuvre- Thèmes expliqués et commentaires linéaires- Le parcours associé explicité- Astuces pour comprendre et réviser vite et efficacement- Exemples de dissertations corrigées et expliquées pas à pas- Explications de texte complémentaires et guide pour l'entretien à l'oral- Citations incontournables à retenir et quiz de révision Otros clientes también compraron les caractères de la Bruyère55,00€ Les ouvrages étant d'occasion, nous ne proposons pas l'achat immédiat. Vous souhaitez acquérir cet ouvrage ou simplement obtenir des informations état, frais de port, modalités.. et photos complémentaires, n'hésitez pas à nous contacter au 03 85 32 24 17 ou nous envoyer un email à contact As the books are second-hand, we do not offer immediate purchase. To acquire books or simply pieces of information condition, shipping costs, etc. and additional photos, feel free to contact us by email at contact We ship worldwide ! => Plus d'informations sur cette page / More information hereSuivis Des caractères de théophrastetraduits du grec par le même2 tomes completcastel de Courval, paris, 1826 Description Description les caractères de la BruyèreSuivis Des caractères de théophrastetraduits du grec par le même2 tomes completcastel de Courval, paris, 1826 Plus d’informations 55€ SKU 50505803562 Date 19/10/2020dernier import 13/07/2022 1 Sujet. Rédaction Remarques importantes 1. Présenter sur la copie, en premier lieu, le résumé de texte, et en second lieu, la dissertation. 2. Il est tenu compte, dans la notation, de la présentation, de la correction de la forme syntaxe, orthographe, de la netteté de l’expression et de la clarté de la composition. 3. L’épreuve de Rédaction comporte obligatoirement formant deux parties indissociable un résumé et une dissertation. Ils comptent chacun pour moitié dans la notation. I Résumé de texte Résumer en 200 mots le texte suivant. Un écart de 10% en plus ou en moins sera accepté. Indiquer par une barre bien nette chaque cinquantaine de mots, puis, à la fin du résumé, le total exact. Petits hommes, hauts de six pieds, tout au plus de sept, qui vous enfermez aux foires comme géants et comme des pièces rares dont il faut acheter la vue, dès que vous allez jusques à huit pieds ; qui vous donnez sans pudeur de la hautesse et de l’éminence, qui est tout ce que l’on pourrait accorder à ces montagnes voisines du ciel et qui voient les nuages se former au-dessous d’elles ; espèce d’animaux glorieux et superbes, qui méprisez toute autre espèce, qui ne faites pas même comparaison avec l’éléphant et la baleine ; approchez, hommes, répondez un peu à Démocrite. Ne dites-vous pas en commun proverbe des loups ravissants, des lions furieux, malicieux comme un singe ? Et vous autres, qui êtes-vous ? J’entends corner sans cesse à mes oreilles L’homme est un animal raisonnable. Qui vous a passé cette définition ? sont-ce les loups, les singes et les lions, ou si vous vous l’êtes accordée à vous-mêmes ? C’est déjà une chose plaisante que vous donniez aux animaux, vos confrères, ce qu’il y a de pire, pour prendre pour vous ce qu’il y a de meilleur. Laissez-les un peu se définir eux-mêmes, et vous verrez comme ils s’oublieront et comme vous serez traités. Je ne parle point, ô hommes, de vos légèretés, de vos folies et de vos caprices, qui vous mettent au-dessous de la taupe et de la tortue, qui vont sagement leur petit train, et qui suivent sans varier l’instinct de leur nature ; mais écoutez-moi un moment. Vous dites d’un tiercelet de faucon qui est fort léger, et qui fait une belle descente sur la perdrix Voilà un bon oiseau » ; et d’un lévrier qui prend un lièvre corps à corps C’est un bon lévrier. » Je consens aussi que vous disiez d’un homme qui court le sanglier, qui le met aux abois, qui l’atteint et qui le perce Voilà un brave homme. » Mais si vous voyez deux chiens qui s’aboient, qui s’affrontent, qui se mordent et se déchirent, vous dites Voilà de sots animaux » ; et vous prenez un bâton pour les séparer. Que si l’on vous disait que tous les chats d’un grand pays se sont assemblés par milliers dans une plaine, et qu’après avoir miaulé tout leur soûl, ils se sont jetés avec fureur les uns sur les autres, et ont joué ensemble de la dent et de la griffe ; que de cette mêlée il est demeuré de part et d’autre neuf à dix mille chats sur la place, qui ont infecté l’air à dix lieues de là par leur puanteur, ne diriez-vous pas Voilà le plus abominable sabbat dont on ait jamais ouï parler ? » Et si les loups en faisaient de même Quels hurlements ! quelle boucherie ! » Et si les uns ou les autres vous disaient qu’ils aiment la gloire, concluriez-vous de ce discours qu’ils la mettent à se trouver à ce beau rendez-vous, à détruire ainsi et à anéantir leur propre espèce ? ou après l’avoir conclu, ne ririez-vous pas de tout votre cœur de l’ingénuité de ces pauvres bêtes ? Vous avez déjà, en animaux raisonnables, et pour vous, distinguer de ceux qui ne se servent que de leurs dents et de leurs ongles, imaginé les lances, les piques, les dards, les sabres et les cimeterres, et à mon gré fort judicieusement ; car avec vos seules mains que vous pouviez-vous vous faire les uns aux autres, que vous arracher les cheveux, vous égratigner au visage, ou tout au plus vous arracher les yeux de la tête ? au lieu que vous voilà munis d’instruments commodes, qui vous servent à vous faire réciproquement de larges plaies d’où peut couler votre sang jusqu’à la dernière goutte, sans que vous puissiez craindre d’en échapper. Mais comme vous devenez d’année à autre plus raisonnables, vous avez bien enchéri sur cette vieille manière de vous exterminer vous avez de petits globes qui vous tuent tout d’un coup, s’ils peuvent seulement vous atteindre à la tête ou à la poitrine ; vous en avez d’autres, plus pesants et plus massifs, qui vous coupent en deux parts ou qui vous éventrent, sans compter ceux qui tombant sur vos toits, enfoncent les planchers, vont du grenier à la cave, en enlèvent les voûtes, et font sauter en l’air, avec vos maisons, vos femmes qui sont en couche, l’enfant et la nourrice et c’est là encore où gît la gloire ; elle aime le remue-ménage, et elle est personne d’un grand fracas. Vous avez d’ailleurs des armes défensives, et dans les bonnes règles vous devez en guerre être habillés de fer …. Feignez un homme de la taille du mont Athos, pourquoi non ? une âme serait-elle embarrassée d’animer un tel corps ? elle en serait plus au large si cet homme avait la vue assez subtile pour vous découvrir quelque part sur la terre avec vos armes offensives et défensives, que croyez-vous qu’il penserait de petits marmousets ainsi équipés, et de ce que vous appelez guerre, cavalerie, infanterie, un mémorable siège, une fameuse journée ? N’entendrai-je donc plus bourdonner d’autre chose parmi vous ? le monde ne se divise-t-il plus qu’en régiments et en compagnies ? tout est-il devenu bataillon ou escadron ? Il a pris une ville, il en a pris une seconde, puis une troisième ; il a gagné une bataille, deux batailles ; il chasse l’ennemi, il vainc sur mer, il vainc sur terre est-ce de quelqu’un de vous autres, est-ce d’un géant, d’un Athos, que vous parlez ? Vous avez surtout un homme pâle et livide qui n’a pas sur soi dix onces de chair, et que l’on croirait jeter à terre du moindre souffle. Il fait néanmoins plus de bruit que quatre autres, et met tout en combustion il vient de pêcher en eau troublé une île tout entière ; ailleurs à la vérité, il est battu et poursuivi, mais il se sauve par les marais, et ne veut écouter ni paix ni trêve. Il a montré de bonne heure ce qu’il savait faire il a mordu le sein de sa nourrice ; elle en est morte, la pauvre femme je m’entends, il suffit. En un mot il était né sujet, et il ne l’est plus ; au contraire il est le maître, et ceux qu’il a domptés et mis sous le joug vont à la charrue et labourent de bon courage ils semblent même appréhender, les bonnes gens, de pouvoir se délier un jour et de devenir libres, car ils ont étendu la courroie et allongé le fouet de celui qui les fait marcher ; ils n’oublient rien pour accroître leur servitude ; ils lui font passer l’eau pour se faire d’autres vassaux et s’acquérir de nouveaux domaines il s’agit, il est vrai, de prendre son père et sa mère par les épaules et de les jeter hors de leur maison ; et ils l’aident dans une si honnête entreprise. Les gens de delà l’eau et ceux d’en deçà se cotisent et mettent chacun du leur pour se le rendre à eux tous de jour en jour plus redoutable les Pictes et les Saxons imposent silence aux Bataves, et ceux-ci aux Pictes et aux Saxons ; tous se peuvent vanter d’être ses humbles esclaves, et autant qu’ils le souhaitent. Mais qu’entends-je de certains personnages qui ont des couronnes, je ne dis des comtes ou des marquis, dont la terre fourmille, mais des princes et des souverains ? ils viennent trouver cet homme dès qu’il a sifflé, ils se découvrent dès son antichambre, et ils ne parlent que quand on les interroge. Sont-ce là ces mêmes princes si pointilleux, si formalistes sur leurs rangs et sur leurs préséances, et qui consument pour les régler les mois entiers dans une diète ? Que fera ce nouvel archonte pour payer une si aveugle soumission, et pour répondre à une si haute idée qu’on a de lui ? S’il se livre une bataille, il doit la gagner, et en personne ; si l’ennemi fait un siège, il doit le lui faire lever, et avec honte, à moins que tout l’océan ne soit entre lui et l’ennemi il ne saurait moins faire en faveur de ses courtisans. César lui-même ne doit-il pas venir en grossir le nombre ? il en attend du moins d’importants services ; car ou l’archonte échouera avec ses alliés, ce qui est plus difficile qu’impossible à concevoir, ou s’il réussit et que rien ne lui résiste, le voilà tout porté, avec ses alliés jaloux de la religion et de la puissance de César, pour fondre sur lui, pour lui enlever l’aigle, et le réduire, lui et son héritier, à la fasce d’argent et aux pays héréditaires. Enfin c’en est fait, ils se sont tous livrés à lui volontairement, à celui peut-être de qui ils devaient se défier davantage. La Bruyère, Les caractères, Des jugements. II Dissertation Votre devoir devra obligatoirement confronter les trois œuvres au programme et y renvoyer avec précision. Il ne faudra en aucun cas juxtaposer trois monographies, chacune consacrée à un auteur. Votre copie ne pourra pas excéder 1200 mots. Un décompte exact n’est pas exigé, mais tout abus sera sanctionné. La guerre remet-elle en cause la définition traditionnelle de l’homme comme animal raisonnable comme le soutient La Bruyère ? 2 Analyse du texte et remarques. Le texte commence par une énonciation qui montre une adresse aux hommes. Il ne fallait pas immédiatement conclure que le sujet de l’énonciation était l’ auteur ». Celui qui s’adresse aux hommes commence par ridiculiser la petitesse des hommes qui les amènent à montrer les plus grands d’entre eux alors que les montagnes sont bien plus hautes. Il ajoute que les hommes se louent exagérément et méprisent les autres espèces, y compris les plus grandes, avant d’indiquer qu’il est Démocrite ~460-~370 av. C’est donc un philosophe de l’Antiquité grecque, un sage qui fustige les ridicules des hommes du haut de sa sagesse. Démocrite donc expose les façons de parler des hommes qui attribuent différentes qualités aux animaux en s’attribuant à eux-mêmes la qualité de raisonnable. C’est la définition traditionnelle qui vient d’Aristote. Dans La politique I, 2, 1253a, que l’homme soit un zoon logon ekon ζον λγον ἔχον, un animal ayant la raison ou le discours ou la parole selon la traduction de logos, sert à montrer que c’est ce qui fait de l’homme un zoon politikon ζον πολιικν, un animal politique ». Animal doit être pris au sens purement biologique des êtres vivants doués de sensations et de mouvement différents des plantes. Raisonnable » est alors la différence spécifique qui fait l’homme, par différence avec les autres espèces animales. Il s’agit bien d’une différence de nature pour Aristote dans la mesure où l’âme raisonnable que l’homme partage avec les Dieux ou Dieu, n’appartient absolument pas aux autres êtres vivants, aux autres animaux. On peut dire que La Bruyère fait critiquer cette définition par le sage Démocrite. D’abord, les hommes se la sont donnée puisque la question de l’origine est purement ironique. Ce qu’il critique est que les hommes sont juges et partis. On trouve chez Platon un argument similaire dans Le Politique où le philosophe critique la séparation entre l’homme et les animaux effectuée par l’homme lui-même, tout comme il critique la séparation des Grecs et des Barbares que font les Grecs en tant que la séparation serait autre s’il s’agissait d’une autre espèce ou d’un autre peuple. Si les animaux se définissaient fait dire à Démocrite La Bruyère, l’homme se verrait autrement. Il fait énumérer au sage tout ce qui est contraire à la raison et qui met l’homme en dessous d’animaux peu valorisés comme la taupe et la tortue qui suivent leur instinct, c’est-à-dire se conforme à la nature. Implicitement, l’idée est que la vertu est de suivre la nature une thématique plutôt stoïcienne. Il propose l’argument principal. Lorsqu’un animal en attaque un d’une autre espèce, voire un chasseur qui attrape un animal autre que l’homme, ils sont loués. Par contre des animaux de la même espèce qui s’affrontent sont critiqués par les hommes. La Bruyère propose alors une sorte d’apologue qui présentent d’abord des chats s’affrontant par milliers et mourant de même ainsi que des loups. Il s’agit donc de mettre en scène la guerre et en la faisant faire imaginairement par des animaux, d’en montrer le ridicule achevé. Il apostrophe les hommes pour leur faire dire qu’une telle destruction de l’espèce les ferait blâmer par le rire de tels animaux. Il peut alors montrer que la situation est pire chez l’homme qui a inventé d’abord des armes par lesquelles il peut facilement tuer son prochain ce qui serait impossible à mains nues. Il conclut ironiquement que la progression du caractère raisonnable de l’homme se montre dans l’invention des armes à feu qu’il présente avec une sorte d’humour noir qui montre toutes les horreurs de la guerre. Il propose un second apologue, celui d’un homme qui aurait la taille d’une montagne et qui regarderait les conflits entre les hommes. Il n’y verrait que petitesse. C’est à la première personne que Démocrite se plaint que tout dans les discours de l’homme sur lui-même se réduise à la guerre. Il décrit de façon énigmatique un homme politique d’abord sujet puis chef, parfois vainqueur, parfois vaincu, devenu un maître qui domine des hommes qui par leur soumission accroissent son pouvoir et commettent des immoralités. Il indique l’opposition des anglais pictes et saxons avec les hollandais. Il énonce la soumission générale, notamment des princes et autres nobles. Démocrite parlant, il use d’un terme grec, celui d’archonte qui désignait une des plus hautes magistratures dans la cité athénienne. Même l’empereur = César lui est soumis. La Bruyère conclut à une servitude volontaire – ses expressions font penser au célèbre ouvrage de La Boétie publié par son ami Montaigne Discours sur la servitude volontaire. On estime qu’il décrit Guillaume III d’Orange 1650-1702, stathouder des Provinces Unis en 1672 puis roi d’Angleterre en 1689. 3 Proposition de résumé. Hommes, nains comparés aux hauts sommets, que vous vous enorgueillissez ! Écoutez Démocrite. Vous louez certains animaux mais pérorez vous seuls êtes raisonnables. Sont-ce les autres animaux qui vous définissent ainsi ? S’ils se définissaient eux-mêmes, quelle figure serait la vôtre ! Écartons vos ridicules qui vous placent sous les [50] plus modestes animaux qui suivent la nature. Vous louez les animaux combattant ceux des autres espèces et les chasseurs. Vous blâmez les combats des animaux d’une même espèce. Que diriez-vous de myriades de chats qui s’égorgeraient ? Ni verriez-vous pas une œuvre diabolique. Votre raison inventa des [100] armes pour mieux vous déchirez. Elle s’augmenta en fabriquant des boules qui vous découpent avec femmes et enfants. Imaginez un géant haut comme une montagne qui vous contemplerait. Vos combats seraient des bruits d’insectes, vos discours sur la guerre propos insignifiants. Et ce petit homme, parti de rien, [150] souverain commandant ceux qui accroissent son pouvoir en lui obéissant, qui fait se déchirer des peuples, devant qui les rois mêmes s’agenouillent ! Ce magistrat nouveau paye l’obéissance par des victoires. L’empereur en personne l’honore. S’il n’échoue pas, il attaquera sa puissance. Finalement, tous s’ [200] y soumettent volontairement. 203 mots 4 Dissertation. Lorsqu’en 1758 dans ses Systema Naturae, Linné 1707-1778 en vient à classer l’homme dans l’espèce homo sapiens », il reprend la vieille idée traditionnelle qui voit en l’homme un vivant dont la capacité à penser, voire à bien penser, est fondamentale. Et pourtant, dans le même temps, les guerres qui ravagent l’Europe et que Voltaire décrit ironiquement dans son Candide publié en 1759 donne une tout autre image de l’homme. On conçoit alors que La Bruyère en moraliste remette en cause la définition traditionnelle de l’homme comme animal raisonnable au vu du phénomène de la guerre. En effet, elle paraît absurde tant du point de vue théorique que pratique. Pourquoi les hommes s’affrontent-ils et surtout se font gloire de se massacrer ? Reste que la raison est en l’homme ce qui lui permet de se représenter les choses en vérité. Elle peut être soumise aux désirs ou aux passions. Mais elle peut aussi errer, se tromper. Les animaux, soumis à leur instinct, n’ont pas à chercher comment agir. De sorte que c’est bien plutôt parce qu’il est raisonnable que l’homme semble capable de faire la guerre. Dès lors, la guerre n’a-t-elle pas justement pour source ce caractère fondamental de l’homme d’être, en tant qu’être raisonnable un être capable de déraisonner ou bien montre-t-elle que la raison est inessentielle en l’homme ou bien la guerre n’est-elle pas une solution préconisée par la raison ? En nous appuyant sur un roman d’Henri Barbusse, Le Feu journal d’une escouade, le De la guerre de Clausewitz, plus précisément le livre I De la nature de la guerre et une tragédie d’Eschyle, Les Perses, nous verrons que la guerre montre que l’homme ne peut se comprendre seulement comme animal raisonnable et que pourtant l’homme use bien de sa raison pour faire la guerre même si elle est soumise à son désir, mais que la guerre montre en dernière analyse que l’homme est bien raisonnable en faisant la guerre en tant qu’elle est un règlement politique des conflits. Dire de l’homme qu’il est un animal raisonnable, c’est dire qu’il est un vivant qui appartient au règne animal et qu’en outre, c’est la possession de la raison qui le caractérise. Or, par raison, on entend la faculté qui permet de connaître le vrai et surtout de connaître le bien et de le mettre en œuvre. Or, la guerre est toujours un mal – éventuellement un moindre mal mais un mal quand même. Il n’en reste pas moins vrai que les conditions d’existence des hommes de l’escouade dans la boue des tranchées, les odeurs d’excréments, l’ignorance des mouvements de troupe sont proprement inhumaines. Il en va de même dans la retraite des Perses qui se noient lorsque le fleuve gelé se brise comme le rapporte le messager Clausewitz pour sa part note que la guerre exclut toute philanthropie I, 3, Ce qui montre que la guerre réfute la thèse traditionnelle de l’homme comme animal raisonnable, ce sont ses motifs. L’ombre du roi Darios dénonce l’hybris des Perses et de son fils 821. Les soldats dans Barbusse dénoncent la folie de la guerre. Le narrateur, avant l’assaut, note C’est en pleine conscience, comme en pleine force et en pleine santé, qu’ils se massent là, pour se jeter une fois de plus dans cette espèce de rôle de fou imposé à tout homme par la folie du genre humain. » XX Le feu, Il y a bien une opposition entre être raisonnable et la folie que représente la guerre. Clausewitz, même s’il propose une théorie de la guerre, montre qu’elle repose sur l’ignorance, le hasard I, 20, les frictions chapitre 7 qui rendent toute prévision impossible bref, la raison ne peut guère s’y déployer. De ce point de vue également, la guerre paraît tout à fait contraire à la raison. Cependant, il reste à se demander comme cette folie peut frapper de temps en temps l’homme. Car, ne faut-il pas que quelque chose le meuve qui le conduise à braver ce qu’on nomme l’instinct de conservation ? Qu’est-ce alors qui domine en l’homme ? On peut faire l’hypothèse que c’est le désir qui domine en l’homme s’il est vrai que le désir nous conduit au-delà du besoin, dans une quête dont l’objet reste indéterminé. Et la guerre manifeste justement selon l’interprétation que propose de Clausewitz René Girard. Ce qui le montre, c’est son concept abstrait ou absolu de guerre qu’il présente au début du chapitre I. Elle implique une montée aux extrêmes qui relègue la raison à l’arrière plan. La violence de chacun des adversaires commandée par celle de l’autre, la volonté de chacun de soumettre la volonté de l’autre, l’accroissement des moyens mis en œuvre en fonction de la mise en œuvre des moyens de l’autre, sont les trois interactions qui dominent la raison. On le voit dans la tragédie d’Eschyle où la violence déployée par les Athéniens qui tuent les marins survivants perses comme des thons » avec les débris des rames est à la mesure de la violence des Perses qui s’apprêtaient à détruire Athènes comme ils l’avaient fait de l’antique Milet. De même, Blaire, devenu cuisinier, imite Martin César, le cuisinier de Napoléon. Il doit donc trouver des allumettes. Lorsqu’avec ses compagnons, Poupardin, Pépin et Volpatte, ils se perdent et trouvent un allemand, ils le tuent en se jetant sur lui comme des fous » sans se concerter XVIII Les allumettes. Dire que l’homme est un animal raisonnable signifie simplement qu’il est capable de calculer comment arriver à ses fins. Mais ses fins elles-mêmes ne proviennent pas de la raison. On le voit dans la question des armes. Lors du bombardement, les soldats français vantent leurs canons qu’ils considèrent supérieurs à ceux des allemands, notamment le fameux 75 qu’ils opposent aux shrapnells de 77 allemands XIX Bombardement, On le voit encore dans la mise au service de la guerre de la raison instrumentale comme la nomme Habermas né en 1929 dans La technique et la science comme idéologie » 1968. C’est en effet grâce à une ruse que les Grecs ont gagné la bataille de Salamine selon le récit du messager à la Reine. Un Grec et sq. – plutôt un esclave perse de Thémistocle si on en croit Hérodote ~484-420 av. Histoires VIII, 75, et Plutarque ~45-120, Vie de Thémistocle 12 – aurait annoncé que la flotte grecque allait fuir. Elle réussit ainsi à attirer la flotte perse dans un espace où sa supériorité numérique ne sert à rien. Lorsqu’il énumère les qualités du génie martial, Clausewitz n’omet pas l’entendement. Car même si le général ne peut calculer, il lui faut réfléchir et disposer de ses moyens au mieux en fonction du contexte. Clausewitz note que l’usage de la violence n’exclut en rien l’utilisation de l’intelligence chapitre I, 3, bien au contraire, c’est elle qui va permettre d’accroître la violence. Néanmoins, non seulement on ne peut réduire la raison à son rôle instrumentale, c’est-à-dire qu’elle a aussi un rôle pratique, c’est-à-dire d’évaluation des fins, mais en outre on peut penser qu’elle joue un rôle dans le déclenchement de la guerre ou dans sa fin tout au moins provisoire qu’on nomme paix. Dès lors, n’est-ce pas au contraire parce qu’il est un animal raisonnable que l’homme fait la guerre ? En effet, la raison, lorsqu’elle doit œuvrer pour le bien public, peut parfois conseiller la guerre. Lorsque les Athéniens s’élancent contre les Perses à Salamine, le messager rapporte le chant qui est le leur Allez, fils des Grecs ! délivrez / votre patrie, délivrez vos fils et vos femmes, / les autels des dieux de vos pères, les tombeaux / de vos aïeux ! c’est pour eux tous qu’il faut se battre ! ». Quel était leur choix ? Soit se soumettre aux Perses, soit combattre. Il est clair que la guerre était la voix de la raison dans la mesure où elle était la solution pour la préservation de la liberté des citoyens. Quant aux Perses, malgré la critique qu’Eschyle fait de Xerxès par l’intermédiaire de l’ombre de son père et défunt roi Darios et sq., il poursuit l’œuvre de son père et en combattant en Grèce, il empêche les Grecs de venir combattre en Perse – ce que finira par faire Alexandre le Grand. C’est pour cela que Clausewitz a raison, quel que soit le statut qu’on accorde à l’idée de guerre absolue qui trouve une certaine réalité dans la guerre d’extermination, de considérer que la guerre a un sens fondamentalement politique cf. chapitre I, 24. Ce qui le montre c’est que la fin de la guerre est la paix cf. I, 13, c’est-à-dire la cessation au moins provisoire des hostilités, ce qui présuppose que la raison des hommes les amène à arrêter la guerre lorsqu’ils estiment que leurs objectifs sont atteints. Il faut alors une évaluation de la raison. De même, dans le roman de Barbusse, la rationalité de la guerre malgré sa folie, se lit dans l’espoir d’une humanité enfin réconciliée. C’est ce qu’un soldat anonyme exprime Si la guerre actuelle a fait avancer le progrès d’un pas, ses malheurs et ses tueries compteront pour peu. » XXIV L’aube, C’est que la raison ne consiste pas simplement à définir le bien. L’opposition du rationnel ou de la raison instrumentale comme calcul des moyens et du raisonnable comme détermination des fins ne peut mettre de côté la question des conséquences de nos actions. Lorsque donc un différend est irréductible, la raison, loin d’interdire la guerre, la prescrit. La cité athénienne étant sous le coup d’une menace mortelle, l’empire perse quant à lui était fondé sur le principe d’une conquête sans fin. Finalement, c’est bien l’analyse des conséquences et non simplement des fins qui fait que la raison ordonne la guerre. Chacun des États choisit raisonnablement la guerre en visant un accord des fins et des moyens. On peut faire la même analyse du point de vue de Barbusse. D’un côté, l’empire allemand, le militarisme de Guillaume, d’un autre la résistance française, le souci de la liberté. L’opposition entre la France et l’Allemagne, du côté français, s’est aussi joué comme une répétition des guerres médiques comme en témoigne le succès à la fin du XIX° et au début du XX° de la tragédie d’Eschyle cf. Christophe Corbier La Grande Guerre Médique essai d'une étude de réception des Perses d’Eschyle dans la France de la Troisième République, Revue de littérature comparée, 2004/3, n° 311. Qui dit conflit politique, dit guerre possible, soutient Clausewitz. S’il faut écarter toute considération morale, ce n’est pas pour défendre une quelconque apologie de la violence comme le fera Ernst Jünger 1895-1998 dans La guerre comme expérience intérieure 1922, c’est plutôt pour que le sentimentalisme moral ne se retourne pas comme soi. Comprendre la guerre dans sa nécessité rationnelle dans certaines circonstances, c’est faire comme le caporal Bertrand dans Le Feu qui justifie son engagement par la nécessité de défendre la patrie II Dans la terre, Nous nous étions demandé si la guerre remettait en cause la définition traditionnelle de l’homme comme animal raisonnable. On a vu qu’elle comportait un élément d’irrationalité, voire que la raison paraissait y être soumise aux désirs de l’homme. Il n’en reste pas moins vrai que dans la mise en œuvre des moyens et surtout dans sa fin politique, la guerre n’est pas étrangère à la raison et ne remet pas en cause la définition traditionnelle de l’homme. PREMIER SUJETLES GRANDES LIGNES DU PLANPLAN DÉTAILLÉDEUXIÈME SUJETLES GRANDES LIGNES DU PLANPLAN DÉTAILLÉSUJETS COMPLÉMENTAIRES PREMIER SUJET Sujet 1 Développer ce jugement de Jules Lemaître sur Les Caractères Les ciselures du style n’empêchent point l’œuvre de La Bruyère d’être impitoyable et triste. » Rennes LES GRANDES LIGNES DU PLAN Cherchons dans la citation l’esquisse d’un plan. Il s’agit d’isoler dans la continuité d’une phrase plusieurs idées en nous arrêtant sur les mots essentiels. Je relève ciselures du style » et je traduis le style est le résultat d’un effort minutieux qui vise à l’effet ; je note ensuite œuvre impitoyable et triste ». Après le jugement sur la forme, le jugement sur le fond une peinture sans indulgence. Voilà mes deux parties. Les sous-parties, je puis déjà entrevoir leurs étiquettes. Dans la forme », on étudie successivement le choix des mots et le mouvement de la phrase. Pour le fond, je sais que le titre de l’ouvrage est Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle. Je sais aussi que pour un Classique la peinture de son temps s’élargit en une peinture de l’homme éternel. Mais, encore une fois, ce plan en deux parties comportant chacune deux sous-parties est fait pour orienter les recherches à travers les textes. Selon ce que je vais découvrir, je serai peut-être amené à supprimer tel point, à donner beaucoup d’importance à tel autre. Un plan de recherches n’est pas un plan définitif. LECTURES — Analyser quelques portraits par exemple Giton et Phédon, Ménalque chap. 11, Arrias chap. 5, et lire attentivement le chapitre 11 dans son ensemble. PLAN DÉTAILLÉ Introduction Ce qui frappe dès l’abord dans Les Caractères, c’est le style où l’on sent peut-être un peu trop que l’art est le résultat d’un effort minutieux qui ne laisse rien au hasard. Mais le brillant et le pittoresque du style ne sauraient, faire illusion. Sous l’alacrité de la phrase et le cliquetis des mots La Bruyère dresse un réquisitoire impitoyable contre la société de son temps qui s’élargit bientôt en une peinture sans indulgence de l’éternelle humanité. C’est en ce sens que Jules Lemaître a pu dire Les ciselures du style n’empêchent pas l’œuvre de La Bruyère d’être impitoyable et triste. » I. Le style de La Bruyère est ciselé Son art n’est pas suprême, car il se voit et se sent, comme l’a dit Sainte-Beuve. On y sent moins le résultat d’une heureuse rencontre entre la pensée et l’expression que la recherche heureuse mais minutieuse de l’effet. A. — LE VOCABULAIRE. Il vise à la couleur et à la vigueur, par l’emploi a des mots techniques. Il parle de cordiaux », de Juleps » et énumère dans l’amateur de tulipes toutes les variétés de tulipes ;b des mots archaïques, comme dru » et recru », empruntés à la langue du XVIe siècle ;c des mots triviaux il n’hésite pas à dire d’un de ses personnages Il s’est crevé à me suivre » ;d des mots concrets pour traduire une idée qui s’exprimerait naturellement d’une manière abstraite On bâtit dans la vieillesse ; on meurt quand on est aux peintres et aux vitriers », pour exprimer le moment où la maison s’achève. B. — LA PHRASE. Elle traduit la même recherche de l’effet a à l’intérieur des membres de phrase. Le choix du qualificatif à effet, les alliances de mots, ce souci d’échapper aux formules toutes faites, aux clichés, les énumérations où se glisse un mot qu’on n’attendait pas, traduisent un désir de provoquer la surprise, qui va parfois jusqu’au calembour exposer à la fortune du dé la sienne propre »; la métaphore et la comparaison, qui vont parfois au mauvais goût Il faut juger les femmes depuis la chaussure jusqu’à la coiffure, exclusivement, à peu près comme on mesure le poisson entre tête et queue » ; b d’un membre de phrase à l’autre. Tantôt la symétrie étroite entre deux membres de phrase qui traduisent la servilité avec laquelle chacun règle son allure sur Giton avec un temps de retard Il s’arrête et l’on s’arrête ». Tantôt l’opposition, au contraire, entre un membre de phrase ou une série de membres de phrase assez longs et la formule sèche, faite de monosyllabes, à laquelle il aboutit Il est pauvre » ou Il est riche ». Tantôt encore la reprise de mots identiques en tête de plusieurs membres de phrase successifs— ou à une place symétrique dans chacun de ces membres de phrase Arrias a tout vu, tout lu » ; c d’un développement à l’autre. Les maximes s’expriment tantôt sous la forme d’une interrogation, d’une exclamation, d’une apostrophe, d’un conseil, d’un développement oratoire. II. Pourtant la peinture que ce style met en valeur est impitoyable et triste A. — LA PEINTURE SOCIALE EST IMPITOYABLE ET TRISTE. a Les financiers, dont l’influence est croissante dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Partis de rien, ils font la loi grâce à leur fortune les courtisans briguent la main de leur fille. Ils sont sans scrupules comme sans pitié tel ce Champagne qui sans hésitation signe un ordre qu’on lui présente qui ôterait le pain à toute une province si l’on n’y remédiait ». Ce sont des parvenus qui à poids d’or s’arrogent les plus grands noms » et les terres les mieux titrées avec leurs châteaux et leurs maisons antiques ». b La Cour et les Grands qui se prosternent devant le Roi et qui quêtent servilement ses bonnes grâces orgueilleux et malfaisants, inintelligents et paresseux, ils se détournent des affaires publiques et laissent prendre leur place auprès du prince par des citoyens sages et instruits qu’ils méprisaient. Joueurs et débauchés, féroces dans leurs rivalités et cachant sous la politesse des manières cette férocité. c La bourgeoisie, grisée par l’importance de plus en plus grande qu’elle prend dans la société, commence à abandonner ses solides vertus bourgeoises pour copier la Cour. Les Crispins se cotisent pour avoir un équipage. Les Sanions étalent partout leurs armoiries, oubliant des gens qui ont connu leur père, simple boutiquier. d Le peuple et en particulier les paysans qui ressemblent aux animaux par l’aspect, par la condition, attachés qu’ils sont à la terre, par leurs travaux, par leur mode de vie, par la façon dont on les traite on oublie presque qu’ils sont des hommes. B. — LA PEINTURE MORALE EST IMPITOYABLE ET TRISTE. Les hommes ne gardent jamais le sens de la mesure les goûts, les distractions deviennent des manies qui absorbent l’homme tout entier et font que rien ne le touche plus de ce qui est étranger à sa manie l’amateur d’oiseaux, l’amateur de tulipes. C’est que l’homme est futile chapitre De l’Homme », no 3, inconstant même chapitre, no 6, inconséquent, no 10. La raison est impuissante à tous les âges de la vie no 49. Les sentiments chap. Du Cœur » ne manifestent pas le plus souvent un besoin de se dévouer, mais sont le prétexte d’âpres batailles d’orgueil, d’égoïsme ou de jalousie. Au reste tout n’est qu’égoïsme pour La Bruyère sauf peut-être l’amitié. Conclusion On voit donc qu’en dépit des brillantes qualités du style l’impression qui se dégage des Caractères reste impitoyable et triste. Et la verve de l’écrivain, bien loin de corriger cette expression d’amertume, la fixe au contraire dans l’esprit du lecteur à l’aide de pointes cruelles et de formules impérissables. REMARQUES 1. La richesse du sujet n’a pas permis de développer ici tous les exemples. Ils ne sont le plus souvent qu’indiqués. Il reste que dans une dissertation vous devez toujours appuyer vos affirmations d’exemples développés. Pour tirer tout le profit désirable de ce plan, il convient de vous reporter aux exemples dont la référence est indiquée et d’en fixer au moins quelques-uns dans votre Est-il besoin de vous rappeler que l’Introduction explique le contenu de la citation avant de la transcrire et que, naturellement, elle utilise à cet effet la traduction » que vous aviez faite des termes essentiels de cette citation ? Cf. Les grandes lignes du plan », en haut de l’article.3. La Ire partie traite, à propos de La Bruyère, un problème technique essentiel celui de la forme. Je retiens qu’un vocabulaire emprunte volontiers sa couleur aux termes techniques, archaïques et au langage familier. Toutefois, reportez-vous au deuxième sujet sur Ronsard et cherchez s’il puise exactement aux mêmes sources la valeur pittoresque de sa langue. Oui, pour l’essentiel. Mais il n’emploie pas, par exemple, les mots familiers. Donc il est utile de retenir, à propos de chaque sujet, des notions générales. Mais il ne faut pas qu’elles deviennent des idées toutes faites que l’on plaquera sans adaptation et sans discernement sur chaque cas la même manière, vous pouvez dégager de cette partie certains procédés concernant la recherche de l’effet » dans la phrase. Vous en tirerez profit par la suite — si vous êtes circonspect. DEUXIÈME SUJET Sujet 2 Comment vous expliquez-vous le succès que connurent en leur temps Les caractères de La Bruyère ? Paris, Rennes LES GRANDES LIGNES DU PLAN Un écueil à éviter faire tourner la dissertation à un éloge dans l’absolu des Caractères. L’estime que des générations successives de gens de goût s’accordent à témoigner à une Œuvre, plusieurs siècles après la mort de son auteur, se fonde sur des mérites profonds et essentiels. Il n’en est pas ainsi de la faveur qui s’attache à un ouvrage au moment de sa publication. Trop souvent cet engouement est dû à des motifs plus extérieurs et plus futiles succès de scandale, conformité aux goûts et à la mode littéraire du temps, parfum de nouveauté. C’est donc dans ce sens que nous allons orienter nos recherches. LECTURES — Voir, dans Les Caractères, essentiellement les chapitres De la Ville » et De la Cour ». PLAN DÉTAILLÉ Introduction Le succès des Caractères fut dès leur publication considérable et trois éditions furent épuisées en moins d’un an. Les gens du temps s’y jetaient pour y découvrir non sans rancœur une critique acerbe de leur propre personne ou de la classe sociale à laquelle ils appartenaient. Les autres y trouvaient, outre le malin plaisir de voir égratigner autrui, l’agrément plus désintéressé et plus profond d’une œuvre qui, empruntant les genres en vogue, traitait des thèmes d’actualité sous une forme aimable et attrayante. C’est en ce sens que M. de Malézieu avait pu écrire à La Bruyère Voilà de quoi vous attirer beaucoup de lecteurs et beaucoup d’ennemis. » I. Les personnalités Ainsi le succès immédiat des Caractères s’explique d’abord par les attaques personnelles qu’y pouvaient découvrir les contemporains. Nombreux sont en effet ceux qui pouvaient se retrouver campés dans les portraits, si l’on en croit les clés » qui circulaient alors. Pour un Condé qui pouvait avec complaisance, en dépit de son immense orgueil, se retrouver dans le portrait d’Émile, combien de victimes dans ces esquisses prises sur le vif ! Il est peu probable que Mme de Montespan ait retrouvé sans déplaisir dans le portrait d’Irène ses préoccupations de malade demi-imaginaire, son goût pour les remèdes trop compliqués, ses fréquentations trop complaisantes des sommités médicales et aussi le fait qu’elle ne pensait pas que pour se guérir il lui suffisait de faire appel à la simple hygiène et au simple bon sens. M. de Brancas devait aussi retrouver avec acrimonie le récit encore aggravé de ses distractions à la Cour. Et nous ne parlons ni de Fontenelle, portraituré dans Cydias, ni de Gnathon, qui était l’abbé Danse, à moins qu’il ne fût le marquis de Lévy-Girardin. La liste en est inépuisable. Outre ce succès dû à des attaques personnelles, les Caractères connaissaient un autre succès plus large dû au fait que les défauts des classes sociales du temps s’y retrouvaient représentés. Les bourgeois voyaient avec malignité la caricature des Grands, prosternés devant le Roi et quêtant servilement ses bonnes grâces, joueurs et débauchés par surcroît, féroces dans leurs rivalités et cachant cette férocité sous la politesse affectée des manières. Les Grands à leur tour se gaussaient à voir la peinture des bourgeois s’ingéniant à copier la Cour les Crispins qui se cotisent pour avoir un équipage ; les Sanions étalant partout leurs armoiries et ignorant les gens qui ont connu leur père, un simple boutiquier. Mais les deux classes sociales s’accordent dans la haine féroce qu’elles éprouvent contre les financiers et leur haine se satisfait à voir la peinture de ces gens sans pitié qui font la loi grâce à leur fortune, tel ce Champagne qui sans hésitation signe un ordre qu’on lui présente, qui ôterait le pain à toute une province si l’on n’y remédiait », et s’arrogent les plus grands noms » et les terres les mieux titrées avec leurs châteaux et leurs maisons antiques ». III. La vogue des genres dont s’inspire La Bruyère Il y a plus. Les Caractères trouvaient un nouvel élément de faveur dans le genre même sous lequel ils se présentaient au public et qu’annonçait le titre. C’est sous la forme des maximes et des portraits que se présentaient les Caractères. Deux genres en vogue s’il en fut les portraits fleurissaient dans les salons, notamment dans celui de Mlle de Scudéry, et Segré put sans effort rassembler en un volume, La Galerie des portraits, tous ceux qui s’y composèrent. Ils fleurissent aussi dans les œuvres les mémoires du cardinal de Retz, celles de Mme de Motteville donnent le portrait d’Anne d’Autriche. La Rochefoucauld et Retz composaient chacun de leur côté le portrait l’un de l’autre. De ce goût universel des portraits, la comédie de Molière, fidèle mémoire du temps, suffirait à rendre témoignage. La scène des portraits du Misanthrope, les portraits que l’on rencontre ça et là au fil des Précieuses ridicules en font foi. La parodie des portraits ne manque même pas à l’époque et l’on sait que la parodie est moins la rançon d’une mode que sa consécration. Segré nous transmet le portrait-charge de Mme de la Grenouillère et Boileau celui de Tisiphone. On pourrait montrer de la même manière la vogue que connaissaient aussi les maximes, dans le salon de Mme de Sablé dont les pensées et les réflexions ont été publiées par l’abbé Dailly. Le chevalier de Méré publia lui aussi un recueil de maximes et tout le monde connaît celui de La Rochefoucauld. IV. L’agrément de la forme A. — COMPOSITION. Agréables aux contemporains par les genres qu’ils empruntaient, Les Caractères leur plaisaient aussi par la composition lecture facile de chapitres nettement distincts ; variété provenant de cette alternance des maximes et des portraits à l’intérieur de chaque chapitre opposition artistique dans les portraits disposés en diptyques ou en triptyques ; art de l’ordonnance du détail qui, présenté souvent comme un rébus, sollicitait la curiosité du lecteur et exerçait sa sagacité sur tel ou tel de ces portraits avec un trait final qui illumine l’ensemble. B. — STYLE. Il n’est pas jusqu’au style enfin qui n’était de nature à séduire le lecteur, tant par ces qualités, communes au XVIIe siècle, de précision, de sens du mot juste, de probité de la pensée et de son expression, que par ces qualités nouvelles de vie, de mouvement, de pittoresque et d’imprévu. Il y avait là encore un parfum de nouveauté qui forçait le succès. Conclusion Ainsi l’œuvre de La Bruyère justifie à l’examen la vogue dont elle fut l’objet. Elle flattait les goûts du temps en même temps qu’elle séduisait par sa nouveauté ; mais la vogue est chose passagère et ce qui consacre une œuvre c’est sa pérennité. L’ambition de Stendhal était d’être lu dans les siècles à venir. La Bruyère a pleinement réalisé pour son cette ambition. Les Caractères sont une de ces œuvres privilégiées qui emportent à la fois les suffrages des contemporains et de la postérité. REMARQUES Idées et exemples seule, la IVe partie L’agrément de la forme » n’est pas illustrée d’exemples précis. Il vous est facile de combler cette lacune à l’aide des éléments fournis par le sujet faut-il rappeler comment on doit tirer parti des exemples il s’agit en tous les cas de mettre en valeur tous les détails qui peuvent éclairer la démonstration. Ainsi reportez-vous à la Ire partie chacun des ridicules communs à Irène et à son modèle, Mme de Montespan, se trouve énoncé, puisque c’est grâce à la somme de ces correspondances que l’on peut donner la clé » du portrait. Mais le travail reste à faire pour Condé-Émile, Fontenelle Cydias, etc… C’est pour vous une excellente occasion d’apprendre à étoffer un paragraphe en développant ces exemples dans le sens indiqué. SUJETS COMPLÉMENTAIRES Sujet 3 Appréciez ce mot de M. de Malézieu à La Bruyère dont il venait de lire Les caractères Voilà de quoi vous attirer beaucoup de lecteurs et beaucoup d’ennemis. » Lyon Sujet voisin du deuxième sujet traité, voir en haut de l’article. Mais la citation appelle une organisation différente I. Beaucoup de lecteurs. Cf. IIIe et IVe parties a La vogue des genres dont s’inspire La Bruyère ; b l’agrément de la Beaucoup d’ennemis a la peinture satirique des classes sociales ; b la peinture peu flattée d’un certain nombre d’individus qui ne pouvaient manquer de se reconnaître. Sujet 4 Taine écrit Nous avons vu dans La Bruyère un éloge du peuple, des réclamations en faveur des pauvres, une satire amère contre l’inégalité des conditions de fortune, bref les sentiments qu’on appelle aujourd’hui démocratiques. » Que pensez-vous de ce jugement ? Caen Pour la matière de la dissertation on se reportera au premier sujet traité, IIe partie voir en haut ainsi qu’au deuxième sujet, IIe partie voir en haut.I. Apreté de la peinture Cette peinture n’est pas celle d’un révolutionnaire, mais celle d’un moraliste. Il vise à réformer les hommes non la société. Homme du XVIIe siècle, il est trop bien enchainé lui-même à sa place dans la hiérarchie sociale pour croire qu’il fût jamais possible de la remanier de fond en comble » Prévost-Paradol. Religieux, il estime que cette hiérarchie sociale est l’œuvre de Dieu et que ces inégalités seront réparées dans un monde meilleur.

dissertation sur les caractères de la bruyère